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Bordeaux : La fédération de la promotion immobilière adopte le label bâtiment frugal mais reste vigilante

URBANISME : La Fédération de la promotion immobilière a signé le manifeste en faveur du bâtiment frugal dans la construction, mais restera vigilante concernant la question des délais d’instruction des permis de construire

  • La mairie de Bordeaux et la Fédération de la promotion immobilière (FPI) ont signé ce mardi le manifeste pour un urbanisme de projets frugaux.
  • La FPI s’engage ainsi à adopter le label bâtiment frugal, qui impose notamment des espaces extérieurs, dans ses projets de construction.
  • En échange, la mairie s’est engagée à réduire les délais d’instruction des permis de construire, point sur lequel les acteurs de l’immobilier restent vigilants.

Une signature qui intervient après « une année de débats, d’échanges, voire de confrontations… » a rappelé l’adjoint au maire de Bordeaux chargé de l’urbanisme, Bernard Blanc.

La municipalité écologiste bordelaise et la fédération de la promotion immobilière (FPI) ont signé ce mardi le « manifeste pour un urbanisme de projets frugaux. » Il entérine le label « bâtiment frugal » que la ville veut désormais imposer dans les constructions immobilières. Ce label comporte 42 critères dont 21 sont obligatoires… Des critères qui « doivent être tenus si nous voulons décarboner la production et augmenter la qualité de l’offre des logements, avec notamment des pièces extérieures généreuses, à la lumière de la crise sanitaire que nous avons vécue » explique Bernard Blanc.

Dispositif d’accompagnement

L’adjoint à l’urbanisme assure que l’on ne pourra plus déroger à ce label frugal. « Les permis de construire repasseront en commission tant que ces critères ne sont pas respectés. Le temps d’instruction peut donc être un peu plus long si le porteur de projet n’a pas fait correctement le travail dès le départ. Mais nous avons mis en place un dispositif d’accompagnement, avec des bureaux d’études qui permettont de travailler d’entrée de jeu selon le critère frugal. »

C’est cet accompagnement, ainsi que l’engagement de la mairie de réduire les délais d’instruction, et le côté évolutif du label « bâtiment frugal » qui pourra être revu tous les ans, qui a finalement détendu l’atmosphère entre les élus et les acteurs de l’immobilier.

« Toute la filière a compris l’intérêt de cette démarche »

« Nous étions vigilants à ce qu’il y ait ce processus d’accompagnement, parce que rajouter cette étape [du bâtiment frugal] peut faire peser un poids supplémentaire », explique Pierre Vital, président de la FPI et fondateur d’Ideal groupe. Ce dernier se dit également ravi de « l’engagement ferme de la mairie de travailler sur un cycle plus court » car « nous connaissions des délais de construction de logements qui s’allongeaient en raison des instructions de permis. »

Concernant la manière de travailler, le président de la FPI assure que « la profession a déjà pris en compte un certain nombre de problématiques, et il y a beaucoup de choses que l’on fait déjà : les extérieurs, les circuits courts, les services en pied d’immeubles… En revanche, les notions d’ensoleillement du logement qui sont demandées, sont plus récentes. »

Première pierre du premier bâtiment frugal le 10 novembre

Ce label n’est pas qu’un concept, « mais une réalité » souligne par ailleurs Pierre Vital. Son groupe posera ainsi la première pierre du premier bâtiment frugal le 10 novembre prochain, près de Saint-Augustin. « Nous avons engagé des modifications de projets qui étaient déjà dans les tuyaux au mois de septembre-octobre de l’année dernière, complète Bernard Blanc, et nous avons déjà treize projets de bâtiments labellisés, respectant une trentaine des 42 critères. »

Mais ce label survivra-t-il à la production à grande échelle ? D’autant plus que la municipalité demande que la majorité de la construction s’établisse dorénavant en secteur diffus, et non plus en zone aménagée, pour tenir son engagement de « zéro artificialisation des sols. » « Notre métier va évoluer, on va se retrouver avec des immeubles de bureaux ou d’anciens hôtels à transformer en logements », confirme Pierre Vital. Or, c’est précisément dans ces cas de figure que « les négociations sont plus longues, qu’il y a des recours. On n’est pas sûrs que tout se passe aussi bien qu’on en a envie… »

Les promoteurs continuent d’alerter sur la production de logements

La production de logements doit pourtant repartir vite, alertent les promoteurs, après une année 2020 où le nombre de permis de construire s’est effondré à cause de la crise sanitaire, entraînant mécaniquement un creux de la production en 2021. « Il faut que la machine reparte, alerte Pierre Vital, car nous ne sommes encore qu’à la moitié des permis de construire qui étaient délivrés avant la crise, la situation étant particulièrement inquiétante au niveau de la métropole. »

Mais sur ce point, la nouvelle majorité verte persiste à dire qu’on ne résoudra pas la crise du logement par le volume. « Il faut moins construire », pense même Bernard Blanc. « Le problème n’est pas la quantité mais l’inadéquation des produits aux revenus des ménages, développe-t-il. Nous sommes à 5 000 euros en moyenne du m2 à Bordeaux, quand un jeune ménage qui cherche à s’installer veut acheter pour 2.200 euros du m2. »

« Il faut donner envie de vivre en ville, et permettre au plus grand nombre de se loger à Bordeaux, ajoute le maire Pierre Hurmic. C’est pourquoi ce label s’accompagne aussi de l’augmentation de la production de logements sociaux, en location et en accession. »

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